26 juillet 2009
minimaliste (9)
Il reste en ce lieu
l'odeur à peine perceptible
d'un moineau mourant.
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Un petit regard
du coin de son oeil vicieux
Je sais ce qu'il veut.
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Une fois encore
il est passé, trop rapide
pour se faire huer.
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Lorsqu'un nuage vient
gâcher le potentiel bronzage,
il donne un sursis.
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A moins de dix mètres
de son but, il tombe, raide.
Il meurt en combattant.
A dix mètres près.
.
Herpes de merde,
revient toujours a pic
comme pour dire ta gueule.
Dimanche
Je ne prends jamais rien le dimanche. Jamais à l'avance. Je réponds à quiconque tente de me pourrir mon dimanche avec une activité prévue à l'avance que si j'organise ce jour avant de m'y trouver, il est déjà foutu. Mon dimanche, il est fait pour n'avoir aucune parole à tenir. Je me lève et décide seulement ensuite. Et si l'envie me vient, alors je peux me remuer un peu les miches et en faire quelque chose.
Le dimanche, les mots devoir, engagement, obligation, rendez-vous, contrainte, promesse, ... disparaissent de mon vocabulaire. Il ne reste que le mot dimanche. L'argument dimanche. L'excuse dimanche. Le sentiment dimanche.
C'est depuis que je m'applique à suivre religieusement et sans jamais d'écart cette règle numéro 1 de ma vie que j'aime le dimanche. J'adore le dimanche. C'est mon jour. Mon choix. Ma liberté. Mon royaume. Mon dimanche que personne ne m'enlèvera jamais. Mon fidèle compagnon de libre arbitre, de liberté absolue, ma petite bulle d'égoïsme pur, mon moment-de-contrôle-total-sur-ma-vie-en-temps-réel, mon dimanche à moi et rien qu'à moi tout seul.
Mon dimanche, je sais qu'il m'attendra sagement, tous les sept jours, jusqu'à ma mort.
13 juin 2009
fouilli
Ok, c'est un mot de vieux. Mais il représente bien cet après-midi. Un fouilli. Et moi qui voulait dormir.
- Des gamins qui font du bruit.
- Le chat qui chie chez la voisine.
- Du piano qu'un gamin joue avec tout son coeur. Mais il a de la peine. Vraiment.
- Une petite fille ingérable qui met le bordel.
- Une télé que personne ne regarde. Dommage. ça parle d'un village d'Afrique qui a l'air hors du monde.
- Une femme (pas la mienne) qui essaie des robe d'une autre femme (la mienne).
- Une femme (la mienne) qui s'occupe des poils des jambes de sa mère.
- Un gamin qui me demande toutes les 5 minutes des trucs dont personne n'en a rien à faire.
- Une gamine qui débarque systématiquement 2 min après avec la même putain de question.
- Des cerises, à cueillir sur l'arbre. Des kilos de cerises. Ah les cerises!
Merci, cerises!
01 juin 2009
retour
Le retour est toujours le même. Pluie ou pas, quoique la pluie ait généralement tendance à se charger de l'accueil. Comme pour me dire "Repars!, mais pourquoi tu reviens ici?"
C'est toujours comme ça. Plus envie de ne rien faire. Quand la notion du temps à bougé, quand les rituels ont été si vite assimilés, les rituels les plus proches de la terre, les plus éloignés de la fausse réalité qui nous entoure ici. Je rallume la télé, comme pour repartir ailleurs, mais sans espoir d'y rester. Comme un joueur de poker qui a tout perdu et rachète un dernier jeton, avec ses dernières pièces. Sans conviction mais l'esquisse d'un espoir. Il me manque quelque chose ici. J'ai l'impression d'en être à quelques centimètres et que je ne l'attraperai jamais.
1500 km me sépare d'où je viens de rentrer. Mais j'en suis à l'autre extrémité de la galaxie.
Là-bas, on parle sans chercher à s'expliquer. On mange brut et c'est bon. Parce que l'assaisonnement est superflu. Parce que tout ce qui m'a entouré pendant dix jours n'était que la véritable face du monde. Et en la regardant, je vois d'où je viens. Et je sais ce que je suis. Ni plus ni moins. Alors pas besoin de faire semblant.
Je me cache maintenant. J'ai rallumé ma playstation et je reprends ma virtuelle réalité là où je l'avais laissée. Mais comme à chaque fois, le coeur n'y est pas, comme à chaque fois, il va falloir faire semblant, le temps que mon cerveau s'anesthésie de nouveau. Et c'est lourd, de se forcer à ne pas savoir. De se forcer à ne pas voir que sa place est ailleurs. Et c'est à chaque fois la même douleur: se rendre compte que rien n'est fait pour soi.
Je partirai un jour. En Serbie ou ailleurs.
14 mai 2009
Insignifiant
Il est parti et personne ne l'a cherché.
C'est quand il est revenu qu'on l'a regardé,
Cherchant à qui il nous faisait penser.
Certainement un ami d'un ami d'un ami.
Ou alors un sosie... Mais de qui?
Quand je suis parti, j'ai espéré le même accueil à mon retour.
Je ne suis pas revenu. De peur qu'on me reconnaisse.
10 mai 2009
Bulles
Soleil, grisaille, soleil, grisaille, soleil, grisaille, soleil, grisaille.
Angoisse, foi, angoisses, foi, angoisses, foie, angoisses, angoisses.
Hiver, printemps, (été, automne,) hiver, printemps. STOP!
Manger, boire et fumer.
Partir, oublier (faire semblant), fâcher (inconsciemment), puis revenir.
Eternelles, figées, sont les choses. Dans un cycle pas si régulier. Pas les gens. Pas ceux qu'on aime (dans le sens d'aimer savoir pas trop loin ou heureux, sans avoir besoin de toucher, de sentir ou de voir).
Un jour quelqu'un m'a écrit un sms. Quelqu'un de très proche avec qui on était en hiver:
Une amitié qui se termine n'a peut être jamais existé. C'est de St-Thomas.
Une amitié ne se termine pas, qu'elle existe ou pas. parce qu'une amitié n'existe que quand elle est vécue. Au présent je veux dire. Je pense que je ne suis pas clair. Le truc c'est que St-Thomas il bluffe.
Et aujourd'hui c'est grisaille (au sens physique... Il ne fait pas beau). Mais dans un coeur qui était resté loin de moi trop longtemps, aujourd'hui c'est autre chose, au-delà du temps (qu'il fait), et d'ailleurs le temps (qu'il fait, qui passe) on s'en fout. L'occasion de mettre une fin à certains débuts, pour lesquels le temps (qui passe) avait pris trop d'importance (il avait passé trop de temps. Et c'était grisaille).
A l'avant d'une voiture, l'amour d'une soeur.
Et une certitude.
23 avril 2009
Self-fighting (2)
Bâtir un château de sable
Et en un gros coup de pied,
La forteresse de papier
Se fait échec, misérable.
Puis recommencer.
Bâtir des châteaux de sable
Et à coups hache haineux,
Le travail toujours se veut
Inutile, incapable.
Puis recommencer.
Détruire ce qui m'entoure
Afin d'atteindre mon âme,
Bousiller tout cet amour
Me punir de mon seul blâme.
Puis réessayer.
L'espoir me tient en éveil
Face à moi-même, où sommeille
Cet étranger, insolent,
Que je combats sans élan.
Puis tout tuer.
Ne suffisant pas moi-même,
J'ai encore tué l'amour,
Combien encore avant ce jour
Où la sempiternelle peine
Que je m'inflige, restera vaine.
16 avril 2009
Minimalistes (8)
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Il y a un gros mur
Entre le chien et moi.
Pourtant, j'ai peur.
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La racine de ma peine
À cédé à la tempête,
Et je vole, cicatrices aux pieds.
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La vapeur du sable humide
Me fait tourner la tête.
Il n'a pas plu pourtant.
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La patte ramollie,
Puante, salie,
S'égoutte sur le robinet.
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Un chat mange du pain.
Et un chrétien
Mange du Sheba.
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15 avril 2009
self-fighting
Une sorte de haute tension. Sans le bruit, sans le rayonnement. Enfin si, avec un rayonnement, mais uniquement chez les gens qui y sont sensibles. ça me prend sans raison, uniquement lorsque je suis bien. Comme si un truc dedans moi voulait pas que je sois bien. Alors dès que je me sens bien, heureux, le coeur léger, il allume son petit transfo pour me mettre sous tension.
Je deviens d'un coup paranoïaque. Agressif. Imbuvable. Tu me souris et je crois que tu te fous de ma gueule. Tu me dis un truc gentil et t'es qu'un sale hypocrite. Et je renvoie la balle au décuple. Mais pas un truc hypocrite, hein! Un truc qui fait bien mal, là où ça te touche le plus! Parce que si je peux me vanter d'avoir une qualité, c'est bien celle-là; j'ai pas mon pareil pour repérer les points faibles des autres.
C'est de l'autodestruction. Pourtant j'estime avoir droit au bonheur, parce que je suis pas plus moisi qu'un autre humain de ma race. Et des sales cons arrivent très bien à être heureux alors pourquoi pas moi?
Le résultat est toujours le même. Je suis malheureux parce que j'ai éclaboussé ce qui m'entoure de ma noirceur et je m'en veux. Je tombe dans mon propre piège, comme englué dans la mélasse.
Je me débats pour en sortir. Et je finis toujours par y arriver. Et je ne suis pas du tout électrique, pas du tout susceptible quand je me bats contre moi-même. C'est seulement quand je suis en paix avec moi que je déclare la guerre à tout ce qui n'est pas moi. C'est seulement quand je suis en paix avec moi que j'ai besoin d'aller chercher la merde ailleurs. Comme si je m'en nourrissait, de la merde.
le jour où je serai capable d'être en paix avec moi autant qu'avec le reste du monde, et tout cela SIMULTANÉMENT, je sais pas comment je vais occuper ma vie, moi. Je serai au chômage de l'introspection. Mais putain qu'est-ce que je veux y parvenir, à cette paix totale. Le chômage de moi. Je pourrai enfin m'occuper de trucs marrants que j'aime. C'est quand? C'est quand que j'aurai compris comment?
Putain bordel mais pourquoi je suis pas un peu plus con? Au moins, j'en aurais rien à foutre!
Heureux, les simples d'esprit!
06 avril 2009
Minimaliste (7)
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Rongée par les bêtes,
La feuille trouée de toutes parts
Se moque bien du vent.
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J'ai tellement serré
La racine sur le rivage,
Mes doigts ont saigné.
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J'ai troqué ma barque
contre un hors-bord d'occasion.
Rendez-moi ma barque.
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